Retard de langage à 18 mois : symptômes et implications

À 18 mois, certains enfants alignent déjà plusieurs mots, tandis que d’autres restent silencieux, sans former de phrases. Le repérage précoce des écarts dans le développement verbal ne suit pas toujours le calendrier attendu, ce qui complique la tâche des familles et des professionnels.

Des facteurs génétiques, environnementaux ou neurologiques peuvent influencer la capacité à parler. L’accès à une intervention adaptée dépend souvent de la rapidité avec laquelle ces signes d’alerte sont identifiés et compris. Un retard de langage n’indique pas systématiquement un trouble grave, mais il ne doit jamais être ignoré.

Retard de langage à 18 mois : comment le repérer et pourquoi ce n’est pas toujours inquiétant

À dix-huit mois, chaque enfant trace sa route dans l’apprentissage du langage. Certains enfants s’aventurent déjà à associer plusieurs mots, d’autres s’expriment surtout par des gestes ou des mimiques expressives. On parle de retard de langage lorsqu’un écart apparaît entre ce qu’on attend à cet âge et ce qu’on observe vraiment. L’absence de mots simples ou de syllabes articulées doit attirer l’attention, mais ne suffit pas à elle seule pour s’alarmer.

Plusieurs éléments peuvent expliquer ce décalage : un milieu familial multilingue, des périodes de stress ou un manque de stimulation verbale au quotidien. Pour certains enfants, ce retard n’est qu’une particularité temporaire : ils explorent d’abord le langage non-verbal ou comprennent très bien avant de parler. Ce phénomène ne correspond pas forcément à un trouble.

Voici des signaux à repérer, qui doivent encourager la vigilance :

  • Absence totale de babillage avant 12 mois
  • Pas de mots simples entre 16 et 18 mois
  • Difficulté persistante à suivre des consignes très simples
  • Pauvreté du répertoire de sons ou rares interactions vocales

Parfois, le retard de langage est lié à des facteurs médicaux : problème auditif, trouble du développement, ou trouble du spectre autistique. Il faut alors considérer l’enfant dans sa globalité, prendre en compte son histoire et son environnement, sans s’empresser de poser une étiquette. Entre 12 et 24 mois, la diversité du développement du langage est immense : c’est la norme, pas l’exception.

Quels signes doivent alerter les parents à cet âge ?

Le retard de langage à dix-huit mois se manifeste parfois par de petits décalages, faciles à minimiser. Si un nourrisson ne babille pas avant 12 mois ou ne prononce aucun mot simple entre 16 et 18 mois, cela peut signaler un développement du langage en retrait. Un enfant qui n’imite pas les sons, ne tourne pas la tête à l’appel de son prénom ou reste de marbre face aux sollicitations verbales mérite un suivi attentif.

À cet âge, la compréhension des instructions élémentaires (« viens », « donne », « montre ») devrait commencer à émerger. Si l’enfant ne réagit pas ou ne semble pas saisir ces consignes, il existe une probabilité accrue de trouble du langage. Autre point à surveiller : une communication qui se limite aux gestes, sans réelle tentative d’utiliser des mots, ou une frustration visible dans les échanges et les jeux.

Des difficultés à associer deux mots vers 24 mois, ou un langage qui reste peu compréhensible même pour les proches, peuvent faire penser à un retard du développement du langage, voire à une dysphasie plus rare. Cette pathologie se révèle par un langage pauvre, des phrases inachevées, l’impossibilité de nommer des objets courants ou d’exprimer clairement ses besoins.

Voici un récapitulatif des signes qui doivent inciter à consulter :

  • Peu ou pas de babillage
  • Absence de mots simples
  • Difficultés à comprendre des consignes
  • Pas de débuts de phrases de deux mots à 24 mois
  • Communication essentiellement par gestes ou mimiques

Lorsque ces signes persistent, il convient d’aller au-delà d’un simple retard passager et d’envisager d’autres hypothèses, comme un trouble du langage, un problème auditif, un trouble du développement ou un environnement peu stimulant. Les parents occupent alors un rôle de vigile, observant les petits détails et faisant part du moindre doute au médecin.

Fille de 18 mois en consultation chez le pédiatre avec sa mère

Accompagnement et rôle des professionnels : quand et comment consulter pour aider son enfant

Face à un retard de langage à 18 mois, c’est souvent l’intuition parentale qui enclenche les premiers pas vers l’accompagnement. Prendre rendez-vous chez le pédiatre ou le médecin généraliste est la première étape pour éliminer une origine médicale : trouble auditif, pathologie neurologique ou atteinte globale du développement. Selon la situation, le médecin peut proposer une orientation vers un orthophoniste pour un bilan plus poussé.

Lors de la consultation orthophonique, le professionnel évalue le niveau de développement du langage et fait la part entre un simple retard et un trouble spécifique. Il analyse aussi d’autres difficultés éventuelles : compréhension, articulation, interactions sociales. Si le retard se confirme, un accompagnement précoce est proposé, sous forme de séances régulières : jeux de stimulation du langage, travail sur l’articulation ou la motricité buccale, selon les besoins.

L’intervention des professionnels ne se limite pas à l’enfant. Ils épaulent également la famille : conseils pour enrichir le langage au quotidien, lectures partagées, valorisation des tentatives de communication, encouragements à chaque progrès. Pour les situations plus complexes (autisme, polyhandicap, suspicion de trouble sévère), l’orientation vers un centre de référence des troubles spécifiques du langage (CRTLA) est indiquée.

Le parcours d’accompagnement peut intégrer plusieurs étapes coordonnées :

  • Évaluation médicale initiale
  • Bilan orthophonique approfondi
  • Interventions précoces ciblées
  • Guidance des proches
  • Suivi structuré avec les différents intervenants

La reconnaissance d’un trouble par la MDPH donne accès à certains dispositifs d’aide (PAP, AESH, ULIS), afin de soutenir l’enfant lors de ses premiers apprentissages à l’école et dans la vie sociale. Prendre appui sur ce réseau dès les premiers doutes, c’est déjà offrir à l’enfant une chance supplémentaire de s’épanouir au fil des mots, et de faire entendre sa voix, à son rythme.

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